Temps de lecture Prix Difficulté On aime... Date de sortie
4 h 15,50 € 2/5 4/5 2016

LE PITCH

« En attendant Bojangles » c’est l’histoire d’un amour fou, d’un amour inconditionnel, une histoire où l’ennui n’a pas sa place. Une femme, un homme, leur fils et un oiseau exotique. Le chef de meute, c’est la mère. Elle vit chaque jour comme si demain n’existait pas, la tête pleine d’idées farfelues. Elle entraîne dans son sillage ceux qu’elle aime, son mari et son fils, ses amis. Les invités peuplent l’appartement familial, les cocktails coulent à flot, on danse dans le salon sur Nina Simone, on achète un château en Espagne pour continuer la fête… Le quotidien est ainsi fait de milles petites dingueries. Mais la douce folie se durcit petit à petit et la vie bascule.

SI TU VEUX MON AVIS…

Un bouquin qui est couronné aussi bien par RTL que par France Culture, moi, ça m’interpelle et ça me rend curieuse. C’est un vilain défaut (ou une grande qualité) dont je me réjouis après avoir lu ce bouquin.

Ça pétille comme l’œil de ma mère devant une paire de Louboutin, ça virevolte comme un manège de la Foire du Trône, c’est gai et triste à la fois, bref c’est magique. Bon, au départ, c’est juste un enfant qui te raconte l’amour de sa mère, la passion de ses parents, le quotidien fantasque qui l’entoure, c’est super agréable et ça te colle une banane à chaque ligne. Quand la folie s’installe, tu grinces un peu mais le style enlevé et super dynamique d’Olivier Bourdeaut te maintient dans cet état d’allégresse. Bref, à ce stade-là, tu commences à être accro. Quand tu refermes le livre après avoir gloutonné les dernière pages, tu es carrément chamboulé. Là tu as juste envie d’épouser l’auteur qui en plus de sa belle gueule (la vache, il est canooooooon !) sait jouer avec les mots et avec tes émotions.

Malgré la mélancolie qui transpire tout au long du récit, ce livre est un antidépresseur surpuissant. Que tu sois bien dans tes baskets ou en plein questionnement existentiel, que tu sois un homme ou une femme, que tu aimes Sartre ou Musso, tu trouveras forcément ton bonheur dans ce roman. Cours, c’est une pépite !

QUELQUES MESURES…

« Je n’ai jamais bien compris pourquoi, mais mon père n’appelait jamais ma mère plus de deux jours de suite par le même prénom. Même si certains prénoms la lassaient plus vite que d’autres, ma mère aimait beaucoup cette habitude et, chaque matin dans la cuisine, je la voyais observer mon père, le suivre d’un regard rieur, le nez dans son bol, ou le menton dans les mains, en attendant le verdict. — Oh non, vous ne pouvez pas me faire ça ! Pas Renée, pas aujourd’hui ! Ce soir nous avons des gens à dîner ! s’esclaffait­-elle, puis elle tournait la tête vers la glace et saluait la nouvelle Renée en grimaçant, la nouvelle Joséphine en prenant un air digne, la nouvelle Marylou en gonflant les joues. — En plus je n’ai vraiment rien de Renée dans ma garde­-robe ! Un jour par an seulement, ma mère possédait un prénom fixe.
Le 15 février elle s’appelait Georgette. Ce n’était pas son vrai prénom, mais la Sainte-­Georgette avait lieu le lendemain de la Saint­-Valentin. Mes parents trouvaient tellement peu romantique de s’attabler dans un restaurant entourés d’amours forcés, en service commandé. Alors chaque année, ils fêtaient la Sainte-Georgette en profitant d’un restaurant désert et d’un service à leur seule disposition. De toute manière, Papa considérait qu’une fête romantique ne pouvait porter qu’un prénom féminin. »

En attendant Bojangles, Editions Finitude, 160 pages.