Mort, vie éternelle, pulsions sexuelles, noirceur, force surnaturelle… les vampires fascinent. Et leur star absolue, the best of the beast, c’est Dracula. Il possède tous les attributs de l’homme parfait : il est noble, vit dans un grand château, s’habille chez Hugo Boss (ou son ancêtre) et tripote à loisir des victimes, de préférence belles et innocentes. Il domine de sa superbe une cohorte de suceurs de sangs parfois moins classe, souvent plus gores, toujours très méchants.

Tous vivent la nuit et l’hémoglobine est leur nectar favori, ça tu le sais déjà. Ce que tu ne sais peut-être pas en revanche, c’est qu’en cherchant à fuir un gars bizarre avec une cape noire, tu ne te méfieras pas d’une femme pourtant très fatale, ni d’un cambrioleur libidineux qui trouvera que tu es un très bon « cou », et encore moins d’un grand zombie subitement ranimé par l’idée de t’arracher la carotide. C’est tout ? Non, le beast of des vampires continue, ou plutôt commence juste ici. Éteins la lumière, montre-moi ton côté sombre, regarde les ombr… bref, t’allumes une bougie et tu flippes ok ? (et bonne lecture)

Dracula, de Bram Stoker : l’incontournable

On vous l’a dit, la star des stars, c’est le comte Dracula. La figure emblématique du genre. Ce n’est pas le premier vampire de la littérature mais Bram Stoker crée un personnage puissant, fouillé, raffiné et fascinant. Le roman par sa richesse de détails dresse un portrait qui a marqué à jamais le genre. Un livre à lire parce qu’il est fondateur et donne les codes avec lesquels d’autres auteurs vont s’amuser à nous faire peur.

C’est dans le livre : « Aucun homme ne peut comprendre, à moins de l’avoir vécu, ce que c’est que de sentir son fluide vital passer de ses veines dans le corps de la femme qu’on aime. »

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Carmilla, de Sheridan Le Fanu : la victime

Carmilla est un roman de la fin du XIXe siècle, donc antérieur à Dracula. Il est hyper osé à plus d’un titre. D’abord, le vampire est une femme. Ensuite, et là, Le Fanu fait fort pour l’époque, elle est homosexuelle. Tel un bon prédateur sexuel, elle séduit d’innocentes jeunes femmes dont elle va tranquillement se repaître la nuit. Mais surtout, le vampire n’est plus seulement un être malfaisant, il est ici présenté comme lui-même victime de son propre état. C’est l’originalité la plus marquante de ce classique qui n’est pas une lecture facile mais qu’il est de bon ton d’avoir lu pour parler vampire dans les dîners mondains.

C’est dans le livre : « Elle avait coutume de me passer ses beaux bras autour du cou, de m’attirer vers elle, et, posant sa joue contre la mienne, de murmurer à mon oreille :  » Ma chérie, ton petit cœur est blessé. Ne me juge pas cruelle parce que j’obéis à l’irrésistible loi qui fait ma force et ma faiblesse. Si ton cœur adorable est blessé, mon cœur farouche saigne en même temps que lui. Dans le ravissement de mon humiliation sans bornes, je vis de ta vie ardente, et tu mourras, oui, tu mourras avec délices, pour te fondre en la mienne. » »

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Je suis une légende, de Richard Matheson : le vampire est malade

Dans Je suis une légende, on est loin du dandy, mais on se rapproche à grand pas de The walking dead. Les vampires sont plus ou moins décervelés et tous franchement affamés. Dans le monde de Richard Matheson, ce n’est plus le vampire qui est l’exception mais l’humain. Il n’en reste d’ailleurs qu’un seul, c’est dire s’il est exceptionnel. En mode survie, il traque, extermine et surtout essaie de comprendre la maladie. Car l’originalité dans ce roman, c’est que le vampirisme est dû à un virus contre lequel seul le vaillant héros est immunisé. Un livre oppressant qui te prend complètement aux tripes dès les premières pages. On est très éloigné (heureusement…) de l’adaptation cinématographique qui en a été faite.

C’est dans le livre : « À la vue de cette multitude de visages blêmes tournés vers lui, Neville s’avisa tout à coup qu’à leurs yeux, c’était lui le monstre. C’est la majorité qui définit la norme, non les individus isolés. »

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La Vierge de glace, de Marc Behm : des cambrioleurs pas comme les autres

Avec La Vierge de glace, on change radicalement d’univers pour se retrouver dans un polar déjanté où un braquage aussi lucratif que risqué est perpétré par trois vampires dotés de pouvoirs surpuissants et de connaissances infinies. Marc Behm a l’art de t’emmener dans ses délires sans te perdre une seconde. Il mêle humour, sexe, fantastique et crucifix dans l’absurdité la plus totale en te rendant le tout crédible. On peut aussi se marrer avec les vampires, la preuve en est faite, en effet, avec brio.

C’est dans le livre : « — Que votre cul est impudique, ma chère Cora ! (Il lui caressa les hanches) Il me trouble. Vous permettez que je vous sodomise ? Cela prendra deux secondes et ça me calmera.
Non, merci, Brand. (Elle se dégagea de ses mains poisseuses.) Je n’ai pas envie. D’ailleurs, votre truc monstrueux ne pourrait pas entrer. »

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Salem, de Stephen King : la maison hantée

Salem te ramène dans un récit plus traditionnel avec quand même la p’tite « garantie frissons » certifiée Stephen King. En guise d’hommage à Dracula, voilà la recette parfaite pour se taper une bonne flippe. Les ingrédients ? Vampires (sic), le suspense, la maison hantée. Tu secoues, t’es secoué. Si, a priori, la figure du vampire ne revêt pas d’originalité particulière dans ce roman, le récit diablement efficace et mérite un vrai détour par Jerusalem’s Lot.

C’est dans le livre : « Il aurait préféré souffrir. Au moins, quand on souffre, on a l’impression de vivre. Tandis que ce goût de charogne qui lui restait dans la bouche, ce goût fade et écœurant de pomme pourrie… La mort, ce n’était donc que ça ? Oui, ce n’était que ça et c’était bien assez terrible. »

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Les Chroniques des vampires, d’Anne Rice : l’histoire au long cours

Parler de vampires sans Anne Rice et ses Chroniques des vampires, ce serait comme manger des frites sans ketchup. Elle a carrément modernisé le genre sans renier les fondamentaux. Cette série de onze romans inaugurée par « Entretien avec un vampire » te fait vivre le truc de l’intérieur, et sans ton autorisation. Un véritable voyage à travers les siècles, une plongée dans le quotidien des créatures de la nuit aux destins plus ou moins heureux, et toi tu te retrouves là, tout petit et un peu concon, devant ce fantasme de puissance absolue, de vie éternelle… Tu lis, tu lis, et à la fin, tu veux quoi ? Devenir vampire, tiens.

C’est dans le livre : « Je fermai hermétiquement les volets de bois sur les petites fenêtres grillagées et verrouillai la porte. Puis je grimpai dans le cercueil garni de satin, distinguant à peine le reflet de l’étoffe dans l’obscurité, et refermai le couvercle. Voilà comment je devins vampire. »

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Notre petit Beast of, on l’espère cher lecteur, trice, t’incitera à aller t’encanailler avec tous les autres au cours de soirées fofolles, enfoui sous la couecouette en mode « Y’a eu un bruit là non ? ». Quand tu auras fini, va lire ou relire le Horla de Maupassant, prendre des nouvelles de Lord Ruthven ou de Julia Stone, va liker la famille Cullen de Twilight sur Facebook, et tiens, tu peux aussi nous liker sur Facebook, ça te fera pas de mal et ça nous fera du bien. Hop hop hop.