sands-of-time (2) 5 h piggy-bank (2) 8.20 € screaming (2) 1/5 heart-beats (2) 3/5 calendar (2) 1987

LE PITCH

C’est dimanche, il ne fait pas beau, alors, pour égayer tout ça, j’ai envie de me replonger dans la lecture coquine des Contes à faire rougir les petits chaperons. Dans ce recueil, Jean-Pierre Énard, ancien directeur de collection de la Bibliothèque Rose, revisite les contes de notre enfance pour en donner une version totalement érotique, voire pornographique. Le récit cadre révèle les efforts d’un écrivain obligé d’inventer des histoires pour calmer la curiosité sexuelle d’Alice, la sœur de sa petite amie Carole. Ainsi, pour notre plus grand plaisir, il racontera l’histoire Blanche-Neige fort occupée par les sept nains, celle des Trois petites cochonnes qui veulent évidemment voir le loup ou encore celle de la Mère Michel qui a perdu sa chatte…

SI TU VEUX MON AVIS…

Toutes les nouvelles ne se valent pas et au bout de quelques contes, j’ai fini par me lasser et y voir un certain systématisme. Le récit cadre est en revanche savoureux jusqu’à la dernière ligne. C’est avec humour et talent que Jean-Pierre Énard nous fait vagabonder de fantasmes libertins en rêveries érotiques. Parfois immoral et délicieusement subversif, ce livre m’a fait rire, mais pas que… et surtout passer un très agréable moment.

Attention toutefois à ne pas mettre ce livre dans des mains trop innocentes.

UNE BRIBE JUSTE POUR Y GOÛTER

« Dès le premier soir, Blanche-Neige avait compris que chanter en travaillant c’est bien joli mais que pour être nain on n’en a pas moins des besoins d’homme.
Elle se préparait pour sa toilette quand elle surprit le rideau qui bougeait. Ils étaient là, tous les sept, et ils l’observaient en train de passer de l’eau fraîche sur ses seins légers comme des colombes. Cela ne la gêna pas. Blanche-Neige avait de tout temps été un peu exhibitionniste. Il faut d’ailleurs rendre justice à sa belle-mère. Ce n’est pas drôle d’avoir sous les yeux, à longueur de journée, une grande bringue de fille qui se trimballe en nuisette transparente dans les couloirs du palais. La reine n’avait pas besoin de consulter son miroir pour savoir que ses gardes triquaient comme des pendus en regardant l’adorable derrière de Blanche-Neige se tortiller sous moins que rien de soie rose. »

Contes à faire rougir les petits chaperons, Editions Gallimard, coll. Folio, 192 pages, format Poche