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LE PITCH

Le jour où cette femme est sortie du placard, Arthur a cru devenir fou. Ou alors peut-être que c’est elle, Lauren, qui est folle… En tout cas, quelque chose cloche dans cette situation. Je t’explique un peu, parce qu’évidemment, en commençant comme ça, tu ne vas pas saisir le propos. Pouf pouf.

Lauren est médecin dans un grand hôpital de San Francisco. Elle dort peu, ses horaires sont impossibles, et ce jour-là, juste celui où elle décide de prendre sa vieille voiture pour se mettre au vert chez des amis, crac, c’est l’accident. Malgré l’acharnement du secouriste, étrangement certain que la vie n’a pas quitté ce corps, elle est déclarée morte, puis dans le coma, pour se retrouver bientôt avec le statut peu enviable de candidate involontaire à l’euthanasie.

Jusque-là, tout aurait pu se passer normalement. Sauf que Lauren n’a pas trouvé le bureau de Saint Pierre et qu’elle mène depuis sa mort une vie de fantôme. C’est rigolo au début, on se téléporte, on change de vêtements en un clin d’oeil, on peut écouter des conversations secrètes… Mais ça manque d’interactions. Quand elle s’aperçoit que lui, l’architecte un brin coincé, peut la voir, l’entendre, et même la toucher, l’espoir renaît.

SI TU VEUX MON AVIS…

Bon alors je vais être franc tout de suite : Marc Levy, pour moi, c’était de la soupe. Mais j’aime lire, j’aime profondément ça, et j’ai aussi l’humilité de croire que si des millions de personnes plébiscitent un auteur, c’est qu’il y a peut-être quelque chose à trouver. Ne poussant pas le vice jusqu’à acheter mon premier « Levy », je suis allé fouiller ma bibliothèque sans douter un seul instant de la probabilité de trouver l’un de ses romans. Bingo, je trouve « Et si c’était vrai… » et ça me parle. Oui, on va jouer à « Et si c’était vrai… »

Et si c’était vrai… que je lise un Marc Levy : check.

Et si c’était vrai… que j’y prenne un certain plaisir : check. Je l’ai englouti, j’ai aimé apprendre des mots nouveaux (« rechampie » dès la deuxième page, comme tu y vas, Marc), j’ai aimé Arthur et Lauren, j’ai kiffé Paul, l’ami et associé qui m’a tiré quelques bons rires, j’ai aimé certaines métaphores un brin philo, j’ai été ému à la fin, j’ai fondu sur le twist du dernier paragraphe.

Et si c’était vrai… Marc, que cet ouvrage soit ton meilleur livre ? Ah les mauvaises langues ! Ok, il ne serait pas dans mon top 10, ni même 100, alors du coup, les autres…

Oui, c’est vrai… je vous dois une petite explication sur cette dernière remarque. Bon, déjà, j’ai lu beaucoup de livres et je crois être « un peu » formaté pour d’autres types de littérature. Dans mon top 100, il y a des bijoux, des auteurs fabuleux. Mon monde est peuplé par Steinbeck, Wiechert, Banks, Molière, Hugo, Irving et beaucoup d’autres, donc peu de place dans le top. Mais ce n’est pas le sujet. Le sujet c’est que parfois, ma sensibilité crisse sur certains passages délicats. Je n’arrive pas à négocier les virages des scènes de tendresse téléphonées et je sors carrément de la route quand je lis ceci, par exemple : « les larmes entraînent les chagrins loin de la peine ». J’ai vraiment essayé de comprendre, sans succès, et puis j’ai capitulé. J’ai capitulé, j’ai oublié, je me suis remis en selle, et j’ai laissé libre cours à mes émotions, comme si c’était vrai, comme si c’était beau…

PREMIÈRE APPROCHE…

« — Comment êtes-vous entrée, vous avez un double des clés ?

— Je n’en ai pas besoin. C’est tellement incroyable que vous me voyiez.

Elle insista à nouveau, c’était pour elle un miracle d’être vue. Elle lui dit qu’elle avait trouvé très jolie la façon dont il l’avait décrite et l’invita à s’asseoir à ses côtés. « Ce que je vais vous dire n’est pas facile à entendre, impossible à admettre, mais si vous voulez bien écouter mon histoire, si vous voulez bien me faire confiance, alors peut-être que vous finirez par me croire et c’est très important car vous êtes, sans le savoir, la seule personne au monde avec qui je puisse partager ce secret. »

Arthur compris qu’il n’avait pas le choix…

Et si c’était vrai…, Editions Pocket, 250 pages, format poche.