Temps de lecture Prix Difficulté On aime... Date de sortie
6 h 7,10 € 2/5 4/5 2015

LE PITCH

Jules est un labrador. Son job c’est de s’occuper d’Alice, aveugle depuis l’adolescence. Ils croisent la route de Zibal, un ingénieur en astrophysique qui occupe ses journées à vendre des macarons au stand Ladurée d’Orly et ses soirées à faire pousser des plantes à traire. Cette brève rencontre suffit à rendre le jeune homme fou d’amour pour la belle Alice. Voilà, les bases sont posées, il n’y a plus qu’à s’amuser avec ces trois personnages.

SI TU VEUX MON AVIS…

Parce que c’est bien ce que Didier Van Cauwelaert fait avec nous, lecteur, et avec ses personnages. Il s’amuse. Et il le fait vachement bien. Il entraîne Alice, Jules et Zibal dans une aventure simple et gouleyante, un histoire d’amour rocambolesque qui laisse sur le visage du lecteur un sourire malin. C’est une friandise, ce bouquin, un vrai petit plaisir. À la fois ironique et tendre, Didier Van Cauwelaert nous dit à travers ces lignes toute son admiration pour les chiens d’aveugles. Ses personnages, il les dorlote, il les taquine, il les chouchoute, et nous, on se laisse emporter dans la fraîcheur de ses mots. Alors oui, au cas où t’aurais encore un p’tit doute, j’ai aimé ce bouquin, j’ai pris un pied de dingue à le dévorer. À la plage, à la campagne ou dans le métro, ne renonce pas à ce petit plaisir solitaire.  

QUELQUES MESURES…

« Je sais par expérience qu’il faut se méfier des coups de foudre, mais je suis devenu brutalement amnésique en la découvrant au milieu de la foule. Hauts talons canari, minishort rouge et top turquoise, elle ne risquait pas de se faire écraser par temps de brume. N’eût été le labrador qui la guidait au bout d’un harnais, ses grandes lunettes noires seraient passées pour un accessoire de star soucieuse que son incognito se remarque. Les cheveux blond-roux maintenus par un chignon en broussaille, les seins libres sous la soie quasi transparente, un sourire de rendez-vous amoureux allongeant les bavures de son rouge à lèvres, c’était une aveugle particulièrement voyante qui faisait bien davantage envie que pitié. Elle s’est arrêtée devant mon stand, les narines en alerte. Aussitôt, son chien s’est figé, tourné dans ma direction. Comme un interprète préparant son interlocuteur aux propos qu’il va traduire, il me fixait tandis qu’elle me parlait dans le vide. — Bonjour, je voudrais caramel fleur de sel, réglisse et fraise Tagada. Un de chaque, s’il vous plaît. Elle avait une voix de gamine précoce dans un corps de trente ans. Joyeuse, bien élevée, incroyablement sexy – et connaissant par cœur mes spécialités. Malgré moi j’ai béni la dégringolade sociale qui m’avait placé sur sa route. Avec un double diplôme d’ingénieur biochimiste et d’astrophysicien, je suis devenu à quarante-deux ans vendeur de macarons à Orly Ouest, niveau Départ, hall 2. « 

Jules, Editions Le Livre de Poche, 256 pages.