Temps de lecture Prix Difficulté On aime... Date de sortie
11 h 7,40 € 2/5 4/5 2011

LE PITCH

Titus Jensen a été un auteur. L’un des plus grands de Suède. De son passé il ne reste pas grand-chose, juste l’alcool, le tabac, les fêtes, et les lectures qu’il prodigue à un public hilare et moqueur, sur invitation de son alter ego, Eddie X. Eddie X, c’est le poète en vogue, la voix de l’amour, la star incontestée. Organisateur de shows, son charisme le rend splendide, sa belle gueule le rend irrésistible, son succès le rend lumineux. Il suffira d’un after très arrosé, d’un dialogue enivré (au sens propre) entre les deux hommes pour que naisse l’idée du siècle : Le meilleur livre du monde.

Mixant savamment les thématiques les plus vendeuses de notre époque, Le meilleur livre du monde atteindra tous les sommets : ceux du Polar, de la cuisine, du développement personnel, du management et même des régimes amincissants. Le Graal de l’écrivain. Qui de Titus ou d’Eddie peut sortir un tel chef-d’oeuvre ? Et d’ailleurs, est-ce possible ? L’orateur fantoche, ivrogne au passé flamboyant qui ne vit que pour son prochain verre d’Aquavit ? Ou le beau gosse qui transforme l’eau en vin, le chouchou des médias, le poète béni et inspiré ?

SI TU VEUX MON AVIS…

Peter Stjernström ? Connais pas. Un Suédois non ? Le meilleur livre du monde ? Un peu mégalo… Je me revois passer une fois devant ce livre, au milieu de tas d’autres, au milieu d’un rayon, lui-même au milieu d’une librairie. Je me revois aller en voir d’autres, plus connus, plus « sûrs », puis revenir, comme aimanté, le saisir, l’observer de plus près, le reposer et aller en consulter d’autres… et puis revenir, l’ouvrir… et si c’était vraiment le meilleur livre du monde ? Et si ce livre renfermait le secret. Après tout, le Graal, paraît-il, aurait l’aspect du plus banal des objets… Il faudrait des livres et des livres pour définir ce que serait le meilleur livre du monde. Mais je m’en fiche.

J’ai adoré Le meilleur livre du monde. Il a flatté mon âme damnée par la lecture. Il m’a emmené dans les coulisses de l’écriture. Il m’a fait réfléchir, parfois avec cynisme, souvent avec justesse, à cette flamme qui anime les auteurs. Si au début j’ai été un peu snob en pensant surtout ajouter un livre suédois à mon tableau de chasse, j’en ressors avec le sentiment simple que pour écrire un beau livre, finalement, il suffit d’être possédé. « Plutôt possédé que dépendant », comme dirait Titus Jensen, votre nouvel ami.

UN PETIT BOUT DE ROUTE…

« Titus Jensen, futur auteur de best-seller ! Alors, tu as trouvé une idée brillante ?
— Non, mais… répond Titus, toujours bredouillant mais plus concentré. Je crois que je suis sur une piste. Si je te dis : séparément, ils sont sans intérêt, ensemble, ils déchirent tout. Qu’en dis-tu ?
— Heu… je ne sais pas…
— Parce que je me disais que… imaginons que… que l’on rassemble plusieurs types de livres pour n’en former qu’un. Un livre qui regrouperait des styles et des genres qui n’ont
 a priori rien à faire les uns avec les autres.
— Pour que ce livre soit le seul livre dont on aurait jamais besoin, tu veux dire ? Une sorte de compilation ? demande Eddie.

— Oui peut-être… Ou plutôt… oui, exactement ! Un livre qui serait tous les livres à la fois.
— Aaaah, mais c’est gé-nial ! Levons nos verres à cette idée ! Voilà un best-seller !
Skål ! Mais oui, bon Dieu ! Un bouquin qui serait à lui tout seul n°1 dans toutes les catégories. Polar, livre de cuisine, méthode de régime, manuel de management, pour le développement personnel, il serait tout cela à la fois.
— Dément ! crie Eddie.
— Ce sera le meilleur livre du monde, dit Titus en buvant une gorgée. »

Le meilleur livre du monde, Éditions POCKET, 414 pages, format poche.