Temps de lecture Prix Difficulté On aime... Date de sortie
11 h 8,20 € 2/5 5/5 1952

LE PITCH

La mort est mon métier est un grand classique de la littérature sur le nazisme. Ce roman retrace le parcours de Rudolf Höss ou Höß (Rudolf Lang dans le livre). Tu revis son enfance, son ascension au sein du parti nazi, sa vie de famille et son quotidien de commandant des camps de concentration et d’extermination d’Auschwitz-Birkenau.

SI TU VEUX MON AVIS…

Cette lecture est aussi douloureuse que passionnante. Robert Merle a su parfaitement faire le portrait de cet homme dénué de sentiments, d’une fidélité sans faille à l’ordre établi, qui se comporte en directeur d’usine à la recherche du rendement maximum. Son enfance explique pour beaucoup l’obéissance aveugle dont il fait preuve. Le tour de force de Merle est de donner des éclaircissements sur le comportement de Rudolf Höss sans jamais chercher à le justifier. Un roman magistral qui ne peux que t’ébranler par la puissance du propos, par l’horreur des descriptions et par la violence froide que tu ressens jusque dans tes tripes.

Un livre à lire évidemment, si ce n’est déjà fait.

UN APERÇU…

« Je passai la semaine qui suivit dans une angoisse terrifiante : le rendement de Treblinka était de 500 unités par 24 heures, celui d’Auschwitz devait être, selon le programme, de 3000 unités ; dans quatre semaines à peine, je devais remettre au Reichsführer un plan d’ensemble sur la question, et je n’avais pas une idée.
J’avais beau tourner et retourner le problème sous toutes ses faces, je n’arrivais même pas à entrevoir sa solution. J’avais vingt fois par jour la gorge douloureusement serrée par la certitude de l’échec, et je me répétais avec terreur que j’allais lamentablement échouer, dès l’abord, dans l’accomplissement du devoir. Je voyais bien, en effet, que je devais obtenir un rendement six fois plus élevé qu’à Treblinka, mais je ne voyais absolument aucun moyen de l’obtenir. Il était facile de construire six fois plus de salles qu’à Treblinka, mais cela n’aurait servi à rien : il eut fallu avoir aussi six fois plus de camions, et là-dessus, je ne me faisais aucune illusion. Si Schmolde, en dépit de toutes ses demandes, n’avait pas reçu de dotation supplémentaire, il allait de soi que je n’en recevrais pas non plus.

Je m’enfermais dans mon bureau, je passais des après-midi à essayer de me concentrer, je n’y parvenais pas, l’envie irrésistible me venait de me lever, de sortir de ce bureau dont les quatre murs m’étouffaient ; je me forçais à me rassoir, mon esprit était un blanc total, et j’éprouvais un profond sentiment de honte et d’impuissance à la pensée que j’étais inférieur à la tâche que le Reichsführer m’avait confiée. »

La mort est mon métier, Éd. Gallimard, coll. Folio, 384 pages, format poche.