Temps de lecture Prix Difficulté On aime... Date de sortie
8 h 22,50 € 3/5 4/5 2016

LE PITCH

Défendre ses idées, ses valeurs, être créatif, changer le monde, on en rêve tous (ou presque) mais encore faut-il savoir comment. Dans Osez sortir du rang, Adam Grant propose des pistes pour identifier les bonnes idées, les défendre avec méthode et rallier ses interlocuteurs à sa cause. Il en profite pour donner un coup de pied dans un bon gros paquet d’idées reçues. Si sortir du rang, c’était finalement accepter les règles ?

En général, les bouquins d’efficacité personnelle te poussent à tout bousculer. Osez sortir du rang t’apprend au contraire à jouer avec les contraintes existantes et à les contourner. Non, pour entreprendre, il ne faut pas tout plaquer et prendre des risques inconsidérés. Il ne faut pas non plus être forcément précurseur dans son domaine pour réussir ou être doté d’un indécrottable optimisme. Adam Grant t’apprend aussi que procrastiner ne serait pas toujours une mauvaise chose ou encore que tes ennemis sont tes meilleurs alliés. Il prend ainsi le contre-pied des préceptes trop souvent rabâchés et t’emmène sur les chemins d’un anticonformisme assez inattendu.

Osez sortir du rang est une mine de bons conseils, d’idées nouvelles pour voir la créativité et l’originalité autrement.

SI TU VEUX MON AVIS…

Tu veux devenir un rebelle ? Respecte les règles ! C’est un pari osé. Avec ce livre, en tout cas, c’est Adam Grant qui ose sortir du rang. Au départ, j’ai eu le sentiment qu’on me prenait un peu pour une bille. C’est simple, tu te dis qu’il prend tous les conseils habituels et qu’il les inverse. C’est sûr, on est loin des discours motivationnels à l’américaine qui t’exhortent à être le plus fort, le plus téméraire, le plus rapide, le plus jeune, le plus gros (non, là, je m’égare). Avant d’accepter l’idée que tout cela n’était pas si bête, et même franchement intelligent, il a fallu que j’admette que j’étais un tantinet conditionnée par le conformisme ambiant. Adam Grant sort incontestablement des sentiers mille fois empruntés. Et il le fait par l’exemple. Chaque conseil est assorti d’une foule d’histoires d’entrepreneurs, d’études ou d’anecdotes historiques. C’est même le plus souvent à travers ces histoires vécues que tu devras dégager le principe, ce qui n’est pas toujours l’approche la plus évidente si t’as pas envie de te secouer un peu les méninges.

Dès que tu décides de rentrer vraiment dedans, alors là, c’est la caverne d’Ali Baba. Si t’es curieux, tu seras servi. Tu te plongeras dans l’histoire du Segway, de Seinfeld ou encore celle de Polaroïd. Tu seras embarqué dans les combats politiques de Rosa Parks ou de Luther King. Tu vas lire une multitude d’études de psychologues ou de sociologues. Tu découvriras cet entrepreneur qui, pour convaincre Disney d’investir dans son projet, commence par en présenter tous les points faibles. Bref, des histoires passionnantes en pagaille dans lesquelles il est parfois difficile de ne pas se perdre.

Entre les lignes, tu vas avaler énormément de conseils inattendus et innovants en matière de développement personnel, des pistes (nombreuses) à explorer et un peu de psycho, un cocktail qui fonctionne franchement pas mal. Le livre n’est pas un best-seller pour rien.

Alors, si tu veux un discours qui change radicalement du conformisme des gourous américains, fonce et jette-toi comme un glouton sur ce bouquin.

PREMIÈRE APPROCHE…

« La quête obsessionnelle de réussite peut chasser l’originalité : plus on accorde de valeur au succès, plus on en vient à redouter l’échec. Au lieu de viser l’exceptionnel, l’intense désir de réussite nous pousse à rechercher des succès assurés. C’est ce que disent les psychologues Todd Lubart et Robert Sternberg  : « Lorsque les gens dépassent un certain
stade dans leur besoin de réussir, on constate qu’ils deviennent moins créatifs. »

Le besoin de réussite et son corollaire, la peur de l’échec, ont entravé certains des plus grands créateurs et agents du changement dans l’histoire. Soucieux de maintenir le statu quo et de réussir selon des critères conventionnels, ils ont évité de s’engager dans la voie de l’originalité. Au lieu de foncer vers l’avant avec assurance, ils ont dû être persuadés, ou obligés, de prendre parti. Alors qu’ils possédaient des qualités naturelles de leader, ils ont dû être portés –  parfois au sens propre – par leurs fidèles et leurs pairs. Il s’en faut de quelques personnes, poussées à agir de façon originale, que l’Amérique n’existe pas, que le mouvement pour les droits civiques soit toujours un rêve, que les murs de la chapelle Sixtine soient toujours nus ou que l’ordinateur personnel n’ait jamais connu un tel succès« 

Osez sortir du rang, Editions De Boeck Supérieur, 272 pages.