Temps de lecture Prix Difficulté On aime... Date de sortie
9 h 7,10 € 1/5 2/5 2016

LE PITCH

« Le premier jour du reste de ma vie »commence par le beau cadeau d’anniversaire que Marie fait à son pas si cher et pas si tendre pour ses 40 ans. Elle lui offre la liberté. Et voilà, c’est cadeau, t’es tranquille. T’as plus de femme pour t’emmerder et accessoirement te faire ta bouffe et ton ménage. Marie décide, pour fêter ça, de se barrer pour une croisière de trois mois au tour du monde. Trois mois pour oublier, se reconstruire après 20 ans d’une vie de couple déplorable. A peine embarquée, elle fait la connaissance des deux indispensables copines qui vont tout partager pendant ce faaaaabuleux voyage. La première, c’est Anne, la soixantaine fraîchement larguée, joliment angoissée mais pas encore totalement dépressive. La deuxième, c’est Camille une ancienne obèse qui a décidé de profiter de son son nouveau corps en s’envoyant en l’air à chaque escale. Allez, on jette l’ancre (et pas encore l’éponge parce qu’on a encore un peu d’espoir).

SI TU VEUX MON AVIS…

Cher lecteur, et plus probablement lectrice, je ne vais pas te mentir, ce livre m’a passablement ennuyée. Pas très adepte de chick-lit, j’ai voulu voir, ben, voilà, j’ai vu. Le roman de Virginie Grimaldi ne manque pas de qualités, c’est sûr. Côté divertissement facile, tu seras servie. Le navire vogue au gré des aventures des trois femmes parties oublier leur quotidien plus ou moins morose. Le récit est gentiment rythmé par divers rebondissements. De nouveaux personnages viennent agrémenter le récit. C’est plutôt gentil et pas désagréable, tout ça. Les bons sentiments fusent à loisir et les mauvais sont fustigés avec véhémence. Tu ne seras pas bousculée ni mise mal à l’aise. Bref, c’est tout confort.

Mais, je ne peux m’empêcher de trouver le tout franchement lourdingue. Pourquoi ? C’est simple, les caractères de tous les protagonistes sont dessinés à la truelle, sans finesse, sans surprise, et finalement sans saveur. Les codes des comédies romantiques sont appliqués méthodiquement, on cherche comme un mort d’ennui un tout petit peu de fantaisie.

En termes de littérature, finalement, c’est nourrissant comme un feuilleté à la saucisse. Ça te fait envie sur le moment, ça se mâche facilement et puis c’est pas si dégueu, mais t’en mangerais pas un deuxième parce qu’avec un seul t’as eu ta dose. Ben voilà, l’effet que m’a fait ce bouquin. Il a le mérite d’exister, de te sortir un peu de ton quotidien, de te raconter une histoire mais ça ne va pas plus loin que ça. En cherchant un peu, on peut nettement plus vibrer en prenant en plaisir simple avec un livre. Tu veux un exemple ? Essaie de lire Un mari ordinaire de Christine Cerrada, tu en sortiras mieux nourrie et bien grandie aussi.

QUELQUES VAGUES…

« En sortant de l’aéroport de Marseille, Marie prend une longue inspiration. L’air est le même ici qu’à Paris; pourtant il y flotte une bonne odeur de liberté. Son premier réflexe est de plonger la main dans son sac à la recherche de son téléphone. Elle doit prévenir ses filles qu’elle est bien arrivée à la première étape. Quelques secondes lui sont nécessaires pour se souvenir qu’elle ne l’a pas pris. Avec lui, elle aurait eu un fil à la patte et se serait sentie obligée de donner et de prendre des nouvelles. Elle a besoin de déconnecter. En cas d’urgence, ses filles savent où la joindre. Le reste attendra qu’elle sache quelle direction donner à sa vie. Lorsqu’elle a appelé son opérateur téléphonique pour mettre un terme à son abonnement, l’homme au bout du fil lui a demandé si elle les quittait pour un autre. Elle a fondu en larmes. Il était temps qu’elle parte.« 

Le premier jour du reste de ma vie, Éditions Le Livre de Poche, 336 pages, format poche.