""
Temps de lecture Prix Difficulté On aime... Date de sortie
8 h 8,15 € 2/5 4/5 2012

LE PITCH

A la fin des années 70, il ne fait pas bon vivre en Angleterre, surtout si on fait le tapin. Au troisième cadavre de prostituée, les flics de la criminelle commencent à se douter qu’ils ont affaire à un tueur en série qui sévit façon Jack l’Éventreur. Les mois passent, les filles assassinées se succèdent, les flics s’entraident, et l’assassin balade la police de ville en ville sans laisser le moindre indice. La terreur s’installe peu à peu, le couvre-feu aussi.

SI TU VEUX MON AVIS…

Encore une histoire de serial killer, certes. Mais pas des moindres. Sale temps pour le pays est autant un roman policier qu’un roman social qui dépeint l’Angleterre des années 70-80 en pleine crise économique et sociale. Michaël Mention offre une avec beaucoup de réalisme une plongée de ce pays qui voit l’arrivée plus ou moins décriée de Thatcher. Il déjoue tous les codes du polar classique. Il n’y a pas un flic, il y en a plein. Il n’y a pas d’indice, une enquête laborieuse. Pas de fausse piste car pas de piste du tout. Un style dynamique et plein d’humour, des ellipses dans tous les sens, des personnages normaux, tellement normaux, et tout aussi attachants. Un roman vif que l’on dévore comme une friandise mais qui laisse un goût tenace. Gros gros coup de cœur, alors on n’hésite pas, on l’achète et on se régale.

QUELQUES MOTS…

« Les années passent, les hommes restent. Ni la chute de Bokassa, ni l’invasion soviétique en Afghanistan, ni l’essor du libéralisme thatchérien n’auront influé sur l’existence de Mark. Une vie imperméable au changement aqueux il préfère sa « bonne routine », sereine et équilibrée. Jour après jour, il s’offre le luxe de rester lui-même dans un monde où chaque progrès façonne l’homme qu’on dit « moderne ».
Cette constance identitaire, il l’avait retrouvée chez George. Comme dit le proverbe, « les oiseaux du même plumage s’assemblent sur le même rivage » : ils étaient différents, mais unis dans un même refus de cette époque qui n’avance que pour mieux écraser. »

Sale temps pour le pays, Editions Rivages, 272 pages, format poche.