sands-of-time (2) 7 h piggy-bank (2) 7,10 € screaming (2) 2/5 heart-beats (2) 2/5 calendar (2) 2010

LE PITCH

On a tous eu un jour ou l’autre des rêves d’île déserte. Bon, peut-être pas en Alaska. C’est pourtant là-bas que Jim décide d’emmener son fils de 13 ans pendant un an. Loin de la civilisation, de ses échecs professionnels et sentimentaux, il espère renouer un lien quelque peu distendu avec le jeune homme. Il semble juste avoir oublier un détail : il faut être préparé physiquement et psychologiquement pour affronter la vie sauvage dans un froid polaire. Le quotidien des deux hommes va vite virer au cauchemar.

SI TU VEUX MON AVIS…

Grâce à une écriture très juste, David Vann réussit parfaitement à faire ressentir au lecteur l’ambiance pesante qui règne dans ce désert blanc. Les silences sont oppressants, l’ennui est écrasant et la folie menaçante. Mais j’ai attendu longtemps le suspense insoutenable promis en 4ème de couverture. Et là, c’est franchement une déception. J’ai lu ce livre très vite pour me débarrasser des passages franchement assommants et arriver au moment où il se passerait enfin quelque chose. Et quand le fameux quelque chose s’est produit, quelle déception ! J’ai presque regretté les moments où il ne se passait rien… Entre une cabane qui tombe en morceaux, un ours qui dévore les provisions, un ado mal dans sa peau et les confidences aussi soporifiques que déplacées d’un père à son fils, je n’ai pas trouvé de quoi m’amuser, me stresser ou même m’intéresser.

Ce ne sera pas un coup de gueule parce que l’écriture est belle et travaillée, mais quel ennui !

UN P’TIT MORCEAU, C’EST CADEAU !

« A travers la ramure des arbres, il aperçut quelques étoiles pâles, mais bien plus tard, après que le ciel se fut découvert. Il avait froid et il frissonnait, son coeur battait toujours, la peur s’était ancrée plus profond, s’était muée en une sensation de malédiction, il ne retrouverait jamais la route vers la sécurité, ne courrait jamais assez vite pour s’échapper. La forêt était horriblement bruyante, elle masquait même son propre pouls. Des branches se brisaient, chaque brindille, chaque feuille se mouvait dans la brise, des choses couraient en tous sens dans le sous bois, des craquements bien plus lourds aussi, un peu plus loin, sans qu’il sache vraiment s’il les avait entendus ou imaginés. L’air de la forêt était épais et lourd, il se fondait dans l’obscurité comme s’ils ne faisaient qu’un et se ruait sur lui de tous côtés.
J’ai ressenti cette peur toute ma vie, pensa-t-il. C’est ce que je suis. »

Sukkwan Island, Editions Gallimard, coll. Folio, 240 pages, format Poche