Temps de lecture Prix Difficulté On aime... Date de sortie
7 h 6,50 € 1/5 5/5 1990

LE PITCH

Dans Trois carrés rouges sur fond noir, Tonino Benacquista place son intrigue dans le petit monde des galeries d’art moderne. Le narrateur, Antoine, est un passionné de billard. Il travaille comme arpette chez des galeristes. Pas franchement intéressé par l’art, il ne juge une œuvre qu’à son poids et à sa maniabilité. A la suite d’une altercation avec un visiteur venu lacérer une toile, la vie d’Antoine est bouleversée par la perte d’une main. Sa seule raison de vivre sera désormais de retrouver son agresseur.

SI TU VEUX MON AVIS…

Benacquista signe un roman noir saisissant, sans temps mort et vraiment plaisant. Son écriture simple et extrêmement juste arrosée d’humour noir et de cynisme, lui permet, au-delà de l’intrigue, de dresser le portrait grinçant du monde de l’art contemporain, peuplé de mondanités et de magouilles. C’est aussi l’histoire d’un homme, d’un destin, et une réflexion sur l’ambition.

Une jolie réussite !

QUELQUES ÉCLABOUSSURES…

« Accroupi, devant, figé comme un animal qui va mordre, je l’ai enfin repéré. Lui. Linnel. A pied d’œuvre. Il a presque fallu qu’il bouge pour que je puisse identifier un corps humain au milieu de ce cataclysme bariolé. Il l’est presque jusqu’au cou, lui aussi, avec son tee-shirt blanc et son jean suintant de vert et de noir. J’ai bien compris, il cherche à se confondre avec le reste. Tactique de caméléon. Il a cru m’échapper, camouflé, immobile, perdu dans la luxuriance de son travail. Il reste accroupi, totalement seul, à des milliers de kilomètres de mes yeux, tout tendu et aimanté vers l’espace blanc. Tout à coup il s’allonge entièrement dans la mélasse des journaux et renverse un verre d’eau, sans y prêter la moindre attention. Et se relève, d’un bloc, pour tremper un pinceau dans un pot bavant de jaune. »

Trois carrés rouges sur fond noir, Editions Gallimard, coll. Folio policier, 234 pages.

 

Du même auteur : Les morsures de l’aube